Dès lors qu’un flic de terrain commet la moindre erreur la moindre faute professionnelle, peu importe qu’il n’ait eu que quelques centièmes de seconde pour prendre sa décision au milieu du chaos, de la haine et de la violence….
Il s’expose immédiatement au lynchage médiatique, et de toute la sphère bien-pensante et anti-autorité, avant d’être traîné devant les tribunaux anti-flics.
Coupable ou pas il aura la double peine car la hiérarchie et l’administration dans tous les cas, elle ne le loupera pas.
Mais intéressons nous au fonctionnement physiologique d’un policier, qui, jusqu’à preuve du contraire reste un être humain.

Mettons en parallèle,
Premièrement l’Article R. 434-6 du CD relatif aux obligations incombant à l’autorité hiérarchique.
« Le supérieur hiérarchique veille en permanence à la préservation de l’intégrité physique de ses subordonnés. Il veille aussi à leur santé physique et mentale. Il s’assure de la bonne condition de ses subordonnés. »

Et deuxièmement cette analyse du fonctionnement du cerveau humain.
« Le stress en intervention a une incidence sur le cerveau.
En neurosciences il est prouvé que le stress chronique affecte l’hippocampe le cortex préfrontal et l’amygdale.

1) Stress Pré, Per et Post-Intervention et l’hippocampe:
L’hippocampe est une structure cérébrale qui contrôle l’humeur, la mémoire, la concentration et l’acquisition des connaissances.
De façon générale, l’hippocampe participe à l’adaptation à l’environnement.
Les Policiers exposés a une situation de stress intense voient le volume de leur hippocampe diminuer et plus les épisodes de stress sont longs, plus l’hippocampe est petit.
S’ensuivent souvent des troubles de la mémoire narrative chez les sujets.

2) Le stress Pré, Per et Post Intervention et le cortex préfrontal:
Alors que l’hippocampe est souvent expliqué comme le cerveau des émotions, le rôle du cortex préfrontal est lié à la capacité d’adaptation.
Il s’agit du cerveau de l’intelligence, mais également de la prise de décision, du sang-froid et de l’esprit d’initiative.
Les personnes soumises à un stress chronique présentent une diminution de volume de la substance grise, présente notamment dans le cortex préfrontal.
De nombreuses études d’imagerie cérébrale ont prouvé cette altération du cortex préfrontal.
Il a été également constaté une diminution du flux sanguin et du métabolisme du glucose au niveau préfrontal.
Cela peut entraîner des individus incapables de contrôler leurs émotions, de prendre des décisions, mais aussi d’adapter leurs attitudes.

3) Le stress Pré, Per et Post Intervention et l’amygdale:
Située près de l’hippocampe, l’amygdale est une structure cérébrale essentielle.
Son rôle principal est de gérer les émotions, notamment les réactions de peur et d’anxiété.
Il touche aux émotions les plus primitives.
Lors de périodes stressantes, l’amygdale voit son fonctionnement perturbé.
A l’inverse de l’hippocampe et du cortex préfrontal, l’amygdale augmente significativement de volume.
Ce dysfonctionnement a des conséquences importantes telles qu’une irritabilité, une hypervigilance, une agitation anxieuse, mais également des réactions de sidération fréquentes.

Les conséquences du stress lié aux missions de Police sur le cerveau :
Chez les sujets soumis régulièrement à des situations stressantes, sont constatées de nombreuses modifications, aussi bien structurales que fonctionnelles et cellulaires.
Les structures du cerveau concernées sont l’hippocampe, le cortex préfrontal et l’amygdale.
Toutes trois régulent la gestion de l’humeur et des émotions.
Plus les épisodes de stress sont intenses et nombreux, plus les impacts sont sérieux sur le cerveau.
Les conséquences sont irrémédiables comme les maladies et troubles neurologiques et l’acte suicidaire. »
Nous pouvons donc clairement engager la responsabilité de toute la chaîne hiérarchique qui sans prévention ni suivi dans ce domaine ne rempli pas ses obligations.

Hors Service milite donc pour que soit mise en place un programme médicale expérimental préventif et de suivi spécifiquement établi pour les Policiers amenés à effectuer régulièrement des missions particulièrement stressantes.

Aout 2020 / Groupe de Travail du collectif Hors Service.